Kâ: Je vis
X: Moi aussi je vis.
Kâ: ça dépend ce que tu appelle vivre.
X: Ba vivre, c'est respirer, réussir sa vie.
Kâ: Et c'est quoi réussir ta vie pour toi?
X: Ba avoir un bon travail, qui me plaise et qui raporte de l'argent. Comme ça, je pourrais construire ma vie, puis avoir un mari,des enfants. Et j'espère que personne ne sera allergique aux poils car il y aura un chien dans notre maison.
Kâ: C'est vraiment réussir ta vie tout ça?
X: Oui et je pense que tous le monde rêve de ça.
Kâ: Mon avis est différent. Je ne rêve pas de cette vie, tout simplement parce que ce n'est pas ce que j'appelle vivre. Savais-tu que le mot "travail" signifie éthymologiquement "torture"?...ça veut tout dire. Le mot le plus approprié serait plutôt "métier" qui signifie un savoir faire. Quant à l'argent, ça ne fait pas le bonheur. Et puis l'argent n'est pas compatible avec l'amour. L'argent est malheureusement devenus le but de notre société. On participe à cette société pour de l'argent car on nous a inscrit au fer rouge que l'argent nous offrait tout. Nous sommes comme des moutons. Une fois marqué au fer rouge pour l'abatoire, on oublie vite qu'une patûre bien verte et saine nous attends, et tous ça parce qu'on nous a imposé la peur. Tu ne vois peut-être pas, tu as, je suis sûr, la sensation que tu ne vis pas dans la peur. Et pourtant, la peur de dépasser des rangs s'est inscrite petit à petit dans tes gènes. Peut-être que je t'en dis trop d'un coup, mais il faut bien aussi que l'on apprene à discerner corps et esprit. Ces gènes accompagnées de cette peur, ils ne sont pas vraiment toi, ton vrai Soi et au dessus du corps, de la matière.
Pour ne pas trop m'éloigner, je te dirais simplement que je ne comprends plus pourquoi cette vie que tu m'as décrite, est si attendue pour la majorité de hommes. Ou plutôt si je comprend ça, ce que je n'arrive pas à comprendre c'est pourquoi on s'obstine à aller droit devans avec des oeillères sur les yeux.
La réponse la plus fréquente que j'entends à ce propos, c'est de constituer cette société pour avoir "une belle vie".Du moins, c'est ce que l'on veut nous faire croire, et ça depuis notre plus jeunes âge. On nous fait bien ingurgiter que si l'on a pas de travail, on finit SDF, comme si c'était la seule solution. Dans cette société c'est peut-être la seule solution, mais si l'on s'écarte de cette société, c'est un autre monde pleins de possibilité qui s'offre à nous.
Notrre société actuelle est commandée par l'argent, autrement dit que nous sommes commandés par l'argent. Comment avons nous pu arriver à un tel point où l'argent manipule l'homm? C'est complétement absurde. Comment peut-on croire que c'est cette vie qui nous attends? Comprends'tu mon point de vue?
X: Je pense comprendre. Le problème c'est que songer à cela, c'est remettre tout en cause, j'ai du mal à accepter ça.
Kâ: Il faudra bien un jour où l'on acceptera de tout remettre en cause, afin de sortir de notre illusion. Et pourquoi pas à commencer d'aujourd'hui.
Ce semblant de confort n'en ai pas un. Par paresse, on ne veut pas voir plus loin. Et pourtant le mouton à aussi la promesse d'un bon patûrage.
X: Tu envisages quoi alors?
Kâ: Vivre d'amour et d'eau fraiche. Etre en harmonie avec notre Terre Mère, la nature. A vrai dire je ne vois pas la vie sans cette harmonie. Et pour cela, il faut dépasser le stade du confort matériel qui n'est qu'une paresse et qui nous engourdit. Je compte bien me retirer de la société. Je n'aurais pas de travail mais un ou plusieurs savoir faire, qui ne sera pas sencé me rapporter de l'argent puisque l'argent ne vaudra plus rien.
X: On dirait une utopie.
Kâ: Une utopie est un lieu imaginaire qui n'est pas amené à exister réellement. Hors ce que je te dis là, n'est pas impossible. Il est certes encore imaginaire dans mon esprit, mais il faut bien commencer par l'imaginer pour qu'il puisse exister.
X: T'appelles ça comment alors?
Kâ: Vivre. Pour moi, c'est ça la vie. La vie ce ne peut de se stresser pour gagner de l'argent. As-tu déjà vu un documentaire sur les peuples d'Amazonie? Ou autres peuples comme les arborigènes d'Australie?
X: J'ai vaguement entendus parlé des peuples primitifs, des peuples qui vivent dans la grande misère.
Kâ: Ce ne sont pas des primitifs, ils sont même très évolués. Tu emplois des termes sans savoir s'ils sont justes. Ce n'est pas parce qu'ils s'ont pas quantité d'objets qu'ils vivent dans la misère. Au contraire, ils se contentent du plus utiles et ne se polluent pas l'esprit avec le matériel.Si je prends l'exemple des peuples amazonniens, ils vivent presque ou voir entièrement nus, dans une forêt très dense et immense. Les dangers que referment cette forêt les protège. Si tu t'informes sur eux, tu apprendras que la plupart du temps, ils se reposent , s'amusent, chassent quand nécessaire, ceuillent, partagent leur savoir. Ils ne connaissent pas le sens de l'obligation, et quand quelqu'un ne veut pas participer au bien être de la communauté, ils l'attrapent et lui font des chatouilles. Leur parler de prison, c'est comme parler de l'absurde. On ne peut résoudre un problème par le billet de la punition. Tout simplement parce qu'un des deux ne sera pas d'accord, ou obliger (ce qui est impossible) d'être d'accord contre son fort intérieur. Les problèmes se résoudent par la communication, et d'ailleurs les problèmes y sont rares.
X: Oui, mais eux ils ont toujours vécu comme ça.
Kâ: Justement, ils sont la preuve vivante que tout n'est pas perdu, qu'on peut vivre autrement que dans la société qu'on nous inflige.
X: Mais avec toute notre technologie, ça parait très difficile.
Kâ: La difficulté est plus de nous déparasser de nos créations matérielles. Nous sommes les créateurs de ces difficultés, à nous de les éliminer.
X: Je comprend. Il est possible de vivre autrement, mais tout est fait en sorte qu'on ne le sait pas. Et pourquoi ça?
Kâ: Je cherche, je cherche. Le chemin s'éclaire, mais ce que je vois est sans cesse à approfondir.


